Les sectes au pilori, au Parvis
Le regard bleu acier, les traits acérés, il a un peu l’allure d’un Croisé, Didier Pachoud, ce mardi 11 octobre au Parvis du Protestantisme. A la tête du GEMMPI, il est en guerre contre toute forme d’aliénation spirituelle de l’individu, quitte à paraître parfois, au moins dans son expression, aussi irréductible que les systèmes qu’il dénonce.
« Sectes et dérives sectaires », c’est un sujet difficile, du fait du caractère fluctuant du sujet. N’importe quelle structure peut devenir sectaire, aux mains de dirigeants manipulateurs, malades, ou mal intentionnés. Il est même difficile de parvenir à une définition satisfaisante de la secte, chacune des définitions pouvant s’appliquer à des systèmes que la société ne reconnaît pas comme sectes ! Il semble que la définition minimum se centre autour de la perte de liberté des personnes, cette perte de liberté ne pouvant cependant se décrire que depuis l’extérieur du mouvement sectaire. En effet, les membres d’une secte ne la reconnaissent pas comme telle la plupart du temps, et c’est bien là le problème.
Par ailleurs, il semble aujourd’hui que les mouvements spiritualistes que l’on peut soupçonner de fonctionnement sectaire se développent autour d’un discours qui a gommé le vocabulaire religieux, au bénéfice d’un discours pseudo scientifique ou médical, ouvrant la porte à des approches qui se disent « thérapeutiques ». Et qui souvent sont efficaces, même en tant que placebo, concède, presque à regret, Didier Pachoud. Et là, pèle-mêle, il fait référence aussi bien à la scientologie qu’à la kinésiologie ou d’autres approches style « New age », dont le critère de jugement est le sacro-saint « ce n’est pas validé scientifiquement »… Et c’est bien le pêle-mêle qui, de mon point de vue, devient gênant, même s’il esquive la critique en relativisant un peu cette position. De ce point de vue, toute démarche non scientifico-scientifique devient suspecte a priori…
Le temps imparti n’a pas permis d’échange plus en profondeur. Dommage. Cependant, le constat est clair : le risque de dérive sectaire est potentiellement présent dans toute structure humaine. Même au sein de celles qui ont pour vocation leur propre protection. Vigilance, vigilance !
Evelyne Frechet
Une petite histoire : le pasteur et le parlementaire
Le pasteur : qu'est-ce qu'une secte ?
Le parlementaire : c'est un mouvement dirigé par un gourou.
Le pasteur : vous voulez parler de l'Eglise Catholique ?
Le parlementaire (décontenancé, il se reprend bien vite) : non, non, pas du tout, en fait, une secte fait du prosélytisme !
Le pasteur : ah, c'est comme le parti communiste !
Le parlementaire (un peu agacé) : mais non, vous n'y êtes pas : une secte diffuse des idées dangereuses pour la santé.
Le pasteur : nous y revoilà ! N'est-ce pas ce qui est reproché à l'Eglise Catholique qui interdit le port du préservatif ?
L'histoire - racontée par le pasteur Frédéric Keller - ne dit pas si le parlementaire a pris ses cliques et ses claques, agacé qu'il était par tant de mauvaise foi ! Quoiqu'il en soit, elle montre bien la difficulté à définir un mouvement sectaire. Elle nous invite aussi à traquer dans nos comportements toute dérive sectaire.
FC













