P1130650Le pasteur Antoine Nouis a conduit un large public (près de 100 personnes) dans la réflexion sur ce que nous sommes à partir des trois premiers chapitres du premier livre de la Bible, la Genèse (vendredi 13 janvier, au Pravis du Protestantisme).

Genèse de cette terre que nous habitons, de cette nature qui nous accueille et dont nous dépendons, genèse de ce Moi qui nous constitue : Antoine Nouis nous invite à prendre conscience de se qui se noue dès les origines dans notre relation avec ce qui nous distingue parmi nos semblables, ce qui nous lie à eux, et, enfin, ce qui relève du dépassement de notre désir de devenir Dieu.

P1130689

Ces trois points permettent de construire une éthique de soi : premièrement, la variété des hommes, comme le rappelle Michel serre, ne nous apparaît jamais aussi bien que dans la variété des corps nus, et prendre conscience de ces différences doit nous conduire à accepter notre singularité. Si le récit de la Genèse indique que l'homme et la femme ont été crées comme sujet, et non, à l'instar des animaux, comme espèce, c'est bien pour marquer cette singularité, qui induit un certain type de lien avec Dieu. Dans la genèse de sa relation avec les humains, c'est bien à des individus que Dieu s'adresse : "où es-tu ?", demande-t-il à Adam ; à Eve : "pourquoi as-tu fait cela ?" ; à Caïn "où est ton frère ?". Trois questions récurrentes que Dieu ne cesse de poser à chacun de nous, renvoyant l'humain à sa conscience et à son individualité.

P1130767Deuxièmement, un constat s'impose : "Il n'est pas bon que l'homme soit seul". Il faut mettre un terme à la solitude de l'homme en introduisant l'altérité. La polarité homme-femme, mais aussi celle qui concerne "moi" et  "l'autre" (mon prochain), renvoient l'humain à un miroir dans lequel il ne contemple plus sa propre image mais un autre que soi. Au contraire de César qui apposait son effigie sur les pièces de monnaie de l'empire, Dieu appose son visage sur ceux, tous singuliers, tous différents, des humains. Le visage même de mon prochain qui me dit, selon le philosophe Lévinas : "tu ne tueras pas."

"Dans l'église, il faut composer avec les gens tels qu'ils sont... parce qu'il n'y en a pas d'autres."

Troisièmement : de cette tension entre singularité et altérité peut naître un désir d'échapper à la condition humaine. Le désir d'être Dieu, c'est-à-dire de recourir à la violence pour imposer sa propre volonté, est tapi au fond de chacun de nous : n'est-ce pas cela qu'illustre l'image du fruit défendu, ingéré, digéré, partie prenante de notre être, et qui rappelle que nous sommes traversés par le bien et le mal, comme l'a si bien décrit l'apôtre Paul ?

Après nous avoir livré le fruit (comestible, celui-là) de ses réflexions, agrémenté de nombreuses anecdotes savoureuses, Antoine Nouis a invité l'auditoire à répondre par petits groupes à deux questions :

1) Si la Bible est un miroir, reconnaissez-vous l'image qu'elle vous renvoie ?

2) Y a-t-il une dimension importante de votre personne manquant à ce portrait ?

P1130732

Les débats ont été animés : il suffisait de se promener d'un groupe à l'autre pour réaliser à quel point les questions traitées appelaient de nombreux commentaires dans l'assistance... et faisaient naître de nouvelles questions auxquelles Antoine Nouis a tenté de répondre en dernière partie de soirée, mais il a été arrêté dans son élan par le gong qui marquait la fin de la première rencontre !

Fabienne Chabrolin

P1130736

Rendez-vous le 27 janvier prochain à 19 h pour la deuxième rencontre sur le thème : Dieu.

P1130754