En ce 16 mars,  de nouveau, l’itinéraire spirituel proposé avec Antoine Nouis a rassemblé ce qui commence à ressembler à des fidèles.... Quelques mots échangés autour d’une collation, ma foi aussi bonne que belle, et nous voilà déjà installés autour des 12 tables dressées dans le temple.

12 tables... Nous n’irons pas chercher de symbole, mais cela indique en tout cas qu’une grande partie des premiers participants a tenu le choc et apprécie l’itinéraire suffisamment pour revenir régulièrement !

Chemin faisant, nous allons donc rencontrer... l’Esprit, le thème proposé aujourd’hui.

Vaste programme !

Ce thème s’ancre sur ce qui a constitué la fin de la rencontre précédente, la croix comme échec magistral. Avec une question d’anthropologue : comment on va de cet échec, passé inaperçu en son temps, au mouvement qui a le plus influencé le monde et la culture.
Parce que la croix n’est pas le dernier mot de l’Evangile, mais bien la Résurrection.

De nouveau, une illustration tirée de la Bible. Pierre, disciple de Jésus, qui, placé deux fois de suite dans une situation identique, réagira de manière totalement opposée. D’abord, après l’arrestation de Jésus, il nie le connaître. Puis, cette fois devant des juges, il affirme sans frayeur son appartenance au Christ. Entre les deux ? La Résurrection.

La bible ne décrit jamais la Résurrection. Elle en décrit les conséquences chez ceux qu’elle transforme, par la multiplicité des témoignages des hommes et des femmes qu’elle a renouvelés .

Et c’est à la Résurrection que l’Esprit est systématiquement associé.

Antoine Nouis a fait le choix de l’Evangile de Jean comme axe de réflexion, avec 3 épisodes où l’ Esprit est nommé.

D’abord, le baptême de Jésus, qui institue ce dernier comme celui qui baptise de l’Esprit, par opposition à Jean, celui qui baptise d’eau.

Puis le grand texte des chapitres 13 à 16 où Jésus annonce l’envoi de l’Esprit, qui rend  avantageux pour les disciples le départ de Jésus. Enfin le dernier texte où Jésus souffle l’Esprit sur ses disciples...

Ainsi, chaque fois, l’Esprit est associé à Jésus. Comme un substitut de ce dernier après son départ. Un successeur, en quelques sortes,  qui nous dit la présence de Jésus quand celui ci n’est plus là.

Son action et son influence, observées dans 3 grands domaines de foi.

1) Dans notre rapport à l’Écriture.
Lors de la Pentecôte, les pèlerins entendent l’évangile parlé par les disciples dans leur langue maternelle. On comprend communément ce texte comme la manifestation d’une glossolalie (parler en langues.) Il est une autre interprétation possible, originale et intéressante, qui ne fait pas appel au miracle. Ma langue maternelle est celle de ma mère, celle qui m'a portée. La langue qui me parle au plus intime de moi, dans laquelle ma personnalité et mon identité se sont tissées, et qui seule me permet d’exprimer, et peut être de penser, ce qui est le plus profond et le plus subtil de mon être. Dans ce sens, le texte indique que le jour de la Pentecôte, s’il y a miracle, c’est du coté des auditeurs qu'il a lieu, qui sont touchés par le message du Christ au plus profond de leur être. Et que là, l’Esprit a agi.

2) Dans la prière.
Difficile s’il en est. Autant qu’importante. L‘Evangile de Luc insiste sur la nécessaire invocation de l’Esprit pour prier correctement...

3) Dans notre relation aux autres, dans nos communautés.
Devenir chrétien, c’est être transformé, et n’avoir plus peur d’affirmer son authenticité singulière et unique. Mais, une église formée d’individus qui n’ont  plus peur d’affirmer leur authenticité singulière et unique risque fort de ressembler à une foire d’empoigne !!! Et c’est là l’action de l’Esprit sur l’Eglise : il harmonise les différences et arrondit les angles.

 C’est la même eau fraîche et féconde qui tombe sur les champs afin que fleurisse rouge le coquelicot,  rose la rose et bleu le bleuet ... Basile de Césaré .

Ouf ! Ca va vite, et pour certains, un peu trop vite, pas le temps d’assimiler... ?

Un moment  d’échange autour des tables, avec une tisane et quelques gâteaux, permet aux idées de se poser et aux questions de se formuler...

Du coup, Antoine Nouis revient sur quelques points qu’il avait probablement conscie(ncieuse)ment  laissés de côté : l’aspect « charismatique » associé aujourd’hui à l’Esprit - ce qu’il indique comme une manière possible d’exprimer ce que l’on ressent quand les mots articulés n’y suffisent pas -, ou les Esprits présents dans l’Ancien Testament qui ne semblent pas vraiment compatibles avec ce qu’il en dit.  De ce point de vue, il botte un peu en touche en renvoyant la question à notre discernement qui permet d’évaluer ce qui se réfère au  Christ de miséricorde et de bienveillance ...

 

Allons, à la prochaine !

Evelyne Frechet