Vendredi 30 mars, avant dernière rencontre de l'itinéraire spirituel proposé sous la conduite d'Antoine Nouis.

En fait, c'est aujourd'hui que le mot "itinéraire" prend tout son sens pour moi.

En effet, que venons-nous faire dans ce temple depuis des semaines, parfois venant de loin ? Suivre un enseignement ? Certes pas.
De la théologie ? Pas non plus.
Ecouter une prédication ? Même pas.

Mais alors quoi ?

Eh bien nous cheminons de concert, sous la houlette d'Antoine Nouis.
Cheminer, itinéraire...

C'est probablement la description la plus juste de ce qui se passe : nous sommes en chemin, avec comme stimulation pour notre propre réflexion les quelques pistes que propose Antoine. Piste, jeu de piste, fausses pistes... Quête. Cela décrit une attitude, une démarche qui pose comme fondement la capacité de l'homme à changer, pour changer le monde, et qui s'oppose au scepticisme, pour qui chercher ne sert à rien car il n'y a rien à trouver, et au dogmatisme qui ne cherche plus car il croit avoir trouvé.

Parce que hier non plus, sur le thème de la foi, pas de grandes définition, pas de théorie, pas de dogme, à peine quelques références bibliques ostensibles, et des pistes, des axes, ....

Sans avoir l'air d'y toucher, le ton presque badin, l'anecdote drôle toujours prête pour soutenir l'attention, Antoine Nouis dessine à petits coups impressionistes une peinture où la foi se devine plus qu'elle ne se décrit. Peut-il en être autrement d'ailleurs ?

Quatre grands registres pour  parler de la foi : l'écoute, la parole, la gratitude et la confiance.

La foi comme écoute. Ecoute de Dieu qui affirme son amour inconditionnel de l'homme. Amour de Dieu qui précède ce que je suis, bon ou mauvais. Echo de la parole paulinienne : devant Dieu je suis saint , sans défaut et sans reproche. Devenir ce que je suis, l'affaire d'une vie !

La foi comme parole. Avec l'évocation de deux phénomènes de la foi, Abraham et Moïse, qui tous les deux ont contesté une décision de Dieu. Abraham négocie le salut de Sodome, marchandant les justes comme on marchande du bétail à la foire, tandis que Moïse au Sinaï s'oppose à Dieu au nom de la justice de ce dernier ! Ils parlent à Dieu, contestent, protestent!! Est-ce pour cela que ce sont les deux seuls personnages que la bible appelle "amis" de Dieu ? La foi, serait-ce entrer dans l'amitié de Dieu, en posant devant lui notre parole, notre protestation, dans un dialogue vrai avec Lui, même si rugueux parfois, en tout cas pas soumis ?!

La foi comme gratitude. Dans le récit des 10 lépreux, les 10 sont guéris, un seul revient remercier Jesus et c'est à celui-là seul que Jésus dit "ta foi t'a sauvé". Les autres sont guéris, mais ne sont pas sauvés... La foi, c'est être capable de gratitude pour tout ce qu'il y a de beau dans notre histoire.

La foi comme confiance. Thème plus connu, qui s'articule sur la parole de Paul "rien ne me séparera de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ".


Puis, un temps d'échange, quelques petits bicuits autour d'une tisane bienvenue, quelques mots de partage autour des tables, quelques questions, quelques réponses parfois un peu pirouette, cacahouète !

Et c'est déjà fini.

A la prochaine fois, on parlera de deux thèmes : l'Eglise et la vie chrétienne.

Ah, et en plus, le samedi 7 au soir, on se retrouve à 19h30 pour une célébration de Pâques ! Venez vous réjouir avec nous : Christ est ressuscité, nous sommes déjà dans la vie éternelle!

 

Evelyne Frechet