Voyager autrement, c'est Capital ! L'Argentine, entre agriculture et diversité - Déjeuner-débat animé par Thierry Scholler, responsable du Parvis du Protestantisme, avec Gabriel Caucanas, ingénieur de L'ENSAIA de Nancy (Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie et d'Industrie Alimentaire).

 

 

« Argentine, me voilà ! »

 

Un vent de jeunesse et de bonne humeur est passé au-dessus de nos têtes ce mardi 26 février. Gabriel CAUCANAS, (futur) Ingénieur de l'ENSAIA de Nancy (Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie et d'Industrie Alimentaire) a présenté son séjour de cinq mois dans ce pays, d’où le titre « L’Argentine entre agriculture et diversité ». Ce débat était animé par Thierry SCHOLLER, Responsable du Parvis du Protestantisme à Marseille. Pas la grande foule : les « absents » regretteront ne pas être venus !

Gabriel CAUCANAS, que ses parents étaient venus encourager, nous a permis de voyager alertement dans ce pays. Nous n’évoquerons que le côté agricole, ce pourquoi Gabriel est parti. Nous passerons sous silence tout le reste. Il ne s’agit pas ici de rédiger un livret à usage des futurs touristes, mais qu’au moins, ceux-ci sachent de quoi il retourne. Quelques sponsors lui avaient permis cette aventure sur cinq grandes régions.

Situons l’espace :

La République Argentine, avec ses 2.757.407 km² de superficie, se situe dans l'hémisphère sud du continent américain. Elle a des frontières avec la Bolivie, le Paraguay et le Brésil au Nord, avec l'Uruguay au Nord Est et avec le Chili sur toute sa façade Ouest. Le pays est bordé par l'Océan Atlantique sur presque toute sa façade Est. Trois zones sont clairement différenciées : au nord se trouve la Pampa, de grandes plaines fertiles ; la Patagonie au sud et la Cordillère des Andes à l'ouest dont le point culminant, Aconcagua, se situe à 6.959 m. d'altitude. Au Nord-est, on se retrouve dans une région tropicale dans les provinces de Misiones, Mésopotamie et Chaco.

L’Argentine : le blé et plus…

La pampa est considérée comme le grenier du monde avec des cultures de céréales et de plantes oléagineuses, ainsi qu'un élevage considérable de bovins. C’est ce volet très particulier de l’Argentine qui intéressait notre globe-trotter. Il se dit très amoureux de la nature et très désireux de contribuer à son niveau à sa préservation et à son exploitation sous certaines conditions. Ce n’est pas seul qu’il réalisera ce rêve, mais à son âge, tout est possible et le travail en équipe s’annonce toujours très fructueux. Les ingénieurs rencontrés sur place ont été de précieux interlocuteurs.

L’Argentine, l'un des principaux exportateurs de blé au monde, produit également du maïs, du sorgho, des haricots de soja et du sucre. La viande, hier reine, est passée au second plan. L’Argentine entretient la majeure partie de ses échanges commerciaux avec le Brésil. A noter de bons échanges commerciaux et politiques avec le Chili. L’Argentine a un gros volume d'échanges avec les Etats-Unis, ses principaux acheteurs de produits manufacturés, et avec les pays de l'ex Union Soviétique qui achètent de grandes quantités de grain. Les relations avec le Japon et les pays de l'Union Européenne, l'Espagne, l'Allemagne et la Hollande entre autres, sont fondamentales pour les ambitions commerciales du futur.

En Patagonie, riche en hydrocarbures (gaz et pétrole), on trouve de nombreux gisements de fer, zinc, uranium, cuivre, manganèse, argent, etc.

Plus de 39 millions d’habitants, issus en grande partie des immigrants espagnols, italiens, allemands, qui sont arrivés depuis la fin du 19ème siècle et le début du 20ème. C’est aussi pour parfaire son espagnol que Gabriel est allé là-bas. Un tiers de la population se concentre dans la capitale et son agglomération (Gran Buenos Aires). Les principales zones urbaines sont Cordoba, Rosario et Mendoza. La population indigène est peu importante et se trouve au sud de la Patagonie, dans les régions du nord de Jujuy, Chaco et Misiones, et au Nord Ouest, dans la Cordillère des Andes. Au niveau administratif : 23 provinces et un district fédéral : Buenos Aires, Buenos Aires Capital Federal, Catamarca, Chaco, Chubut, Cordoba, Corrientes, Entre Rios, Formosa, Jujuy, La Pampa, La Rioja, Mendoza, Misiones, Neuquen, Rio Negro, Salta, San Juan, San Luis, Santa Cruz, Santa Fe, Santiago del Estero, Tierra del Fuego - Antartida e Islas del Atlantico Sur, Tucuman. Il fait bon se promener partout, sauf dans la capitale où la délinquance prend une dimension tout à fait inquiétante.

Quelques mots sur le lama

Juste pour le fun : cet animal étant pour nous, un animal presque familier, autant en savoir un peu plus, c’est maintenant ou jamais. Que ceux qui n’ont pas lu TINTIN s’y mettent ! S’il vit sur les hautes terres d'Argentine, c'est un animal domestique, rustique, avec une vie sociale très structurée avec un rapport de hiérarchie ou d'amitié. Il pèse entre 90 et 120 kg. Sa taille varie de 1m à 1.20 m au garrot. Son dos est horizontal. Il possède deux longues oreilles incurvées vers l'intérieur et une tête longue. Le lama, le plus grand des camélidés vivant en Amérique du Sud, c'est un animal robuste. Sa laine est constituée par un poil de protection un peu rêche et un sous poil beaucoup plus fin. Elle peut être utilisée pour des tapisseries ou des liens (cordes). Mais le lama est principalement utilisé pour des travaux de bât. Il fournit également de la viande aux andins et son crottin sert de combustible et d'engrais.

Epilogue

Durant cinq mois, Gabriel a porté ses deux sacs à dos (dorsal et ventral) et s’est déplacé en bus, précisant que ce moyen de transport très agréable permet de couvrir de grandes distances. Tout serait possible dans ce pays paradisiaque à bien des égards, si le profit n’était pas la préoccupation première des propriétaires, sans scrupule aucun pour la dangerosité du système économique. 50 % des parcelles sont détenues par des étrangers qui louent aux agriculteurs. Tout le monde (ou presque) est conscient que quand le soja ne sera plus à la mode, on ne pourra plus rien exploiter sur ces terres. Terrible constat qui ne gêne apparemment personne.

On peut seulement se demander pourquoi tant de pauvreté dans ce pays où tant de gens meurent de faim… surtout au nord alors qu’il existe des mers de soja à perte de vue ! L’Argentine nourrit le monde entier mais pas les siens. Réponse simple : l’exploitant agricole vit au jour le jour, ne se pose pas de questions sur l’avenir. Alors les problèmes d’utilisation d’insecticides et autres, mettant en danger sa santé, ce n’est pas dans ses préoccupations. La photo d’un enfant sur un bidon « dangereux » n’émeut personne et l’immense travail accompli par un seul homme ne choque même pas les 1 050 espèces d’oiseaux volant dans le ciel ou les 325 espèces de mammifères, qui voient tout. L’un des meilleurs souvenirs de Gabriel (en dehors de son enrichissement professionnel) : la grande générosité de ses habitants. Ariel, chez qui il est passé, n’a pas hésité à sacrifier un cochon pour faire une fête, lequel a été pendu au-dessus de sa tête…

Merci à Gabriel pour ce beau témoignage et qu’il poursuive avec succès ses études pour le bonheur de ses parents… et le sien par voie de conséquence.

Solange STRIMON