Ce mardi 16 avril, nous avons écouté le dernier volet du cycle "le religieux dans la peinture" avec Jean-Louis VIDALENC, Professeur des Universités, Membre de l'équipe de recherche "Arts et création esthétique" de l'Université de Bordeaux sur le thème : "Entre profane et sacré ; une approche de la peinture de la Renaissance". Le débat était animé par Thierry SCHOLLER, Responsable du Parvis du Protestantisme.

 

Jean-Louis VIDALENC ouvre la fenêtre

sur six peintres du 16ème siècle


16AVRIL_BPARVIS_PORTRAITCe mardi 16 avril, nous avons écouté le dernier volet du cycle "le religieux dans la peinture" avec Jean-Louis VIDALENC, Professeur des Universités, Membre de l'équipe de recherche "Arts et création esthétique" de l'Université de Bordeaux sur le thème : "Entre profane et sacré ; une approche de la peinture de la Renaissance". Le débat était animé par Thierry SCHOLLER, Responsable du Parvis du Protestantisme.

Pour qui ne connaît aucun des peintres choisis par le conférencier, l’aventure est exaltante et l’ouverture à la connaissance des six peintres choisis un moment privilégié. Cela se passe au parvis, c’est tout dire. Donnons rapidement les noms des heureux élus : Hans Hollbein, le Jeune, Gerrit – ou Gerard – Hermansz Van Honthorst, le Maitre de St Gilles, Girolamo Mazzola Bedoli, Domenico Beccafumi et enfin Agnolo Bronzino.

De ce déjeuner-débat, il faut retenir que nous sommes dans une période de guerre civile entre catholiques et protestants, dans le Concile de Trente, au moment où le Sacré Collège rédige en 1560 un manuel pour les peintres, date au cours de laquelle Roberto Francesco Romolo Bellarmino, né à Montepulciano en Toscane le 4 octobre 1542 et décédé à Rome le 17 septembre 1621, prêtre jésuite italien, théologien, écrivain et apologiste de renom se distingue.

Les œuvres présentées par Jean-Louis VIDALENC nous permettent de bien nous situer dans le contexte historique et religieux de cette époque. Étant donné la rareté des œuvres présentées, et pour mémoire, nous avons choisi de vous présenter succinctement les peintres :

- Hans Holbein le jeune, né à Augsbourg en 1497 et mort à Londres le 29 novembre 1544 est le fils du peintre Hans Holbein l'Ancien (vers 1460 - 1524), le frère cadet du peintre Ambrosius Holbein (vers 1493/94 - vers 1519), avec lequel il étudie dans l'atelier paternel. L’artiste cherchera tout au long de sa vie à unir aux traditions gothiques les nouvelles tendances humanistes et à rechercher derrière les apparences les expressions signifiantes des visages. En 1515, sa famille se fixe à Bâle, haut lieu de l'humanisme, où le peintre se lie avec Érasme. L’artiste travaille pour la haute bourgeoisie commerçante. Le musée d'art de la ville de Bâle possède ainsi la plus importante collection au monde d'œuvres de la famille Holbein. Durant cette période, il accomplit de nombreux voyages comme à Lucerne en Suisse ou encore en Italie, à Rome et Florence. Il est influencé par Matthias Grünewald mais aussi par Léonard de Vinci, qu'il découvre dans un voyage en France, son style s'ouvre aux nouvelles conceptions de la Renaissance italienne. En 1526, fuyant la Réforme, il part pour Londres, recommandé par Érasme à Thomas More. Cette époque constitue l'apogée de sa carrière. Notre conférencier ne parlera pas des œuvres célèbres, mais de celle qui méritent d’être sorties de l’oubli. En 1536, nommé peintre-valet de chambre d'Henri VIII, il devient en peu de temps le peintre officiel de la cour d'Angleterre. En 1543, il meurt de la peste.

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La_Vierge_et_l_Enfant_avec_la_famille_du_Bourgmestre_Meyer

- Gerrit – ou Gerard – Hermansz. Van Honthorst, surnommé aussi, en italien, Gherardo delle Notti (« Gérard des Nuits ») est né à Utrecht le 4 novembre 1590,et mort le 27 avril 1656) dans une famille catholique d'Utrecht. Il était le fils de Herman Van Honthorst, un peintre de décors qui figure aux côtés d'Abraham Bloemaert parmi les fondateurs de la guilde de Saint-Luc d'Utrecht. En dehors de son père, sa famille comptait plusieurs autres artistes, notamment des peintres et des fabricants de tissus et de tapisseries. Il fait son apprentissage aurpès de son père, avant de devenir l'élève de Bloemaert. Dans les années 1620, il fut, avec Hendrick Ter Brugghen et Dirck Van Baburen, l'un des principaux représentants de l’École caravagesque d'Utrecht. Son style évolua par la suite vers le classicisme. il connaît la célébrité de son vivant, notamment grâce aux commandes de Frédéric V et Élisabeth, roi et reine de Bohême en exil aux Pays-Bas, de Charles Ier d'Angleterre et Christian IV de Danemark. Il deviendra peintre de cour de Guillaume II d'Orange-Nassau. Il est connu aujourd’hui pour les œuvres de la période caravagesque.

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- Le Maître de Saint Gilles est un peintre anonyme, actif à Paris vers 1500. Français ayant été se former en Flandre ou Flamand ayant émigré à Paris, ses origines sont méconnues. Il est le grand artiste parisien de la première partie du règne de François Ier. Son pseudonyme lui est octroyé par l'historien Max Friedländer, d'après deux panneaux sur saint Gilles (son Miracle et sa Messe), à présent dans la National Gallery de Londres, et deux autres panneaux du même autel à présent à la National Gallery of Art de Washington (Baptême de Clovis et Saint Évêque). D'origine inconnue, il s'est sans doute formé en Flandre auprès d'Hugo van der Goes. Il s'est par la suite certainement établi à Paris. En outre, ses compositions, aérées et tranquilles, ses visages, réguliers, sont d'esprit français. L'artiste tire son nom de deux panneaux représentant la Messe de saint Gilles et Saint Gilles et la biche (National Gallery de Londres). Deux autres panneaux, dont les sujets sont controversés, devaient faire partie du même ensemble iconographique, sinon du même retable : Saint Leu guérissant les enfants, et Baptême d'un prince par un évêque, autrefois « Baptême de Clovis par saint Rémi » (Washington, National Gallery).

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- Girolamo Mazzola Bedoli (Parme, 1500-1569), est un architecte et un peintre italien maniériste de l'école de Parme actif au XVIe siècle. Malgré quelques tableaux réalisés à Mantoue, Girolamo Bedoli a surtout été actif à Parme. Lors de son mariage avec la fille de Pier Ilario Mazzola, cousin du Parmigianino (en français « Le Parmesan »), il entra dans la famille des Mazzola, dont il prit le nom en 1542 après la mort prématurée du Parmesan. Il a en outre achevé quelques fresques initialement commandées à ce dernier notamment dans l'abside de Santa Maria della Steccata. []Architecte, il a œuvré aussi comme décorateur du sacré. Dans ses œuvres on remarque l'influence de Corrège et surtout du Parmesan, ce qui a pu faire parfois confondre l'attribution de leurs réalisations. On lui attribue une trentaine de dessins, d'une grande habileté technique, qui rappellent le Parmesan.

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- Domenico Beccafumi, Peintre italien (Valdibiena, près de Sienne, vers 1486 – Sienne 1551). Parallèlement à l'art volontiers étrange, au graphisme aigu de Pontormo et de Rosso, Beccafumi développe à Sienne un style raffiné qui oppose sa fantaisie maniériste à la rigueur savante de Pérugin et de Fra Bartolomeo. Ses débuts sont mal connus. Il est mentionné dès 1502 à Sienne, et on le trouve ensuite à Rome (1510-1512), où il étudie Michel-Ange et Raphaël, notamment les bas-reliefs en grisaille de l'École d'Athènes. Il aurait, en outre, selon Vasari, décoré la façade d'une maison du Borgo. De retour à Sienne, il travaille en 1513 à l'hôpital de la Scala (fresques de la Cappella del Manto), première et impérieuse manifestation d'un style qui n'évoluera guère : transfiguration mystérieuse des formes par la lumière, remplaçant les contours par un jeu subtil de vibrations lumineuses (triptyque de la Trinité pour l'autel de cette même chapelle, 1513, Sienne, P. N.) ; il œuvre aussi aux miniatures d'un antiphonaire (SS. Annun-Ziata, Sacristi). Les mêmes silhouettes fuselées, aux attitudes contournées, se retrouvent dans les œuvres de caractère plus ombrien exécutées avant son second voyage à Rome (v. 1519). Citons en particulier le Retable des stigmates de sainte Catherine (v. 1515, Sienne, P. N.) et les Scènes de la vie de la Vierge, peintes à fresque, de l'oratoire de S. Bernardino. À ses travaux de jeunesse appartiennent également de petites œuvres sur bois

- Angelo di Cosimo ou Agnolo di Cosimo (17 novembre 1503, Florence23 novembre 1572, Florence), dit aussi il Bronzino, est un peintre maniériste italien était le fils adoptif et apprenti de Pontormo, et aussi l'élève de Girolamo Genga. Son disciple et fils adoptif, Alessandro Allori, était également surnommé "il Bronzino".Vers 1518 (probablement dès 1515), il est l'apprenti du Pontormo, qui l'aurait représenté (d'après Giorgio Vasari) dans son tableau Joseph en Égypte (assis sur une marche) ; il le suit ensuite à la chartreuse de Galluzzo où il s'est réfugié pendant la peste. Devenu peintre indépendant, il fait ses premiers portraits à la cour d'Urbino. À Pesaro, il décore la villa impériale puis revient à Florence ou Pontormo le réclame pour des portraits (comme ceux d'Ugolino Martelli, de Bartolomeo Panciatichi et de sa femme). Il entre au service des Médicis en 1539 pour les décorations du mariage de Cosme Ier de Toscane et d'Éléonore de Tolède Il exécutera ensuite de nombreux cartons de tapisseries. Sa dernière œuvre marquante est le portrait de la poétesse Laura Battiferri de 1560.

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Le concile de trente

Et puisqu’il a beaucoup été question du Concile de Trente, donnons-en quelques explications. Convoqué par le pape Paul III en 1542 suite aux demandes insistantes de Charles Quint pour répondre au développement de la Réforme protestante, le Concile de Trente s’élève contre les thèses protestantes. Il définit l'autorité de la Bible, le péché originel et confirme les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Sur le plan disciplinaire, il crée les séminaires diocésains, destinés à former les prêtres. Trente est l'un des conciles les plus importants de l'histoire du catholicisme. Il devait permettre à l'Église d'opérer sa propre réforme et à nouveau les chrétiens. S'il eut effectivement le mérite d'abolir un certain nombre des abus de l'Église catholique et de réviser ses institutions, il aboutit plutôt à la séparation définitive des deux religions. En ce qui concerne ses effets sur l'histoire de l'art, il veut toucher le croyant à travers la peinture devant dès lors représenter les sentiments tels que la passion, l'extase, le martyr…. sentir les volumes de la chair.

En terminant le cycle "le religieux dans la peinture", Jean-Louis VIDALENC a certainement souhaité offrir à son auditoire quelques pièces rares découvertes au hasard de ses recherches. Nous ne pouvons que l’en remercier et étudier nous-mêmes les interprétations religieuses selon notre culture et notre religion. Merci.

Merci à Wikipedia pour les emprunts qui ont permis à Solange Strimon de compléter les informations données par Jean-Louis Vidalenc.