Ce mardi 23 avril 2013 de 12h20 à 13h40 M. Eric UNGER, responsable de l' « Association Solidarités Nouvelles » contre le chômage était l’invité du Parvis du Protestantisme. Thème abordé : "Pour lutter contre le chômage ; d'autres solidarités sont possibles". Christian APOTHELOZ, rédacteur en chef, a donné les points forts du conférencier, très impliqué dans ce domaine sociétal et affectif ô combien douloureux à divers niveaux.

 

ERIC UNGER ET LE TRAITEMENT DU CHOMAGE AVEC LA SNC

 

PARVIS_23_AVRIL_L_HOMMEEric UNGER a présenté l’Association de loi 1901, créée en 1985 par JB de Foucauld, indépendante de tout parti politique et de toute confession religieuse. Ce concept original permet à toute personne d’accompagner un demandeur d’emploi selon des critères bien définis : l'accompagnement en binôme ; le groupe de solidarité, maillon de base de l'association ; les emplois de développement. L'action de SNC se veut complémentaire du service public de l'emploi.

 

Une parenthèse avec Frédéric KELLER qui a rappelé l’apport original du protestantisme en Europe à propos du travail : « cette malédiction est devenue joie ».

Les chiffres du chômage 

En France : fin février, après une série noire de vingt-deux mois, le Pôle emploi recensait 3,187 millions de demandeurs d'emploi n'ayant pas travaillé au cours du mois (catégorie A) en métropole, soit seulement 8 000 de moins que le record absolu. Depuis l'élection de François Hollande en mai 2012, en moyenne, plus de 28 000 nouveaux chômeurs sans activité ont poussé chaque mois la porte du Pôle emploi.

En région PACA : à l’image des statistiques nationales, les chiffres du chômage à fin mars 2013 en Provence Alpes Côte d’Azur sont à la hausse. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories A (sans emploi), B (exerçant une activité réduite d’au plus 78 heures au cours du mois) et C (exerçant une activité mensuelle réduite de plus de 78 heures) s’établit à 402 196 (dont 289 223 pour la seule catégorie A, en hausse de 9,8 % sur un an). Ce nombre est en hausse de +0,4 % (+ 1 549) par rapport au mois de février et augmente de 8,8 % sur un an. La situation ne cesse de se dégrader pour des raisons que tout le monde connaît.

Quelques chiffres éloquents relevés en 28 ans d’existence

 

- quelque 1 400 bénévoles ont accompagné 2 500 demandeurs d'emploi ;

- 3 000 donateurs ont permis de financer 196 emplois solidaires au sein de 119 associations partenaires ;

- 17 groupes d'accompagnateurs bénévoles ont été présents dans 46 départements (dont 14 groupes en entreprise).

 

Eric UNGER a insisté sur ce que ressent le chômeur placé dans cette situation : il subit une humiliation sociale, il connaît la déstabilisation, l’infériorité sociale, sans oublier qu’il est considéré comme un faible, devenu inutile au monde, à la société dans laquelle il vit et qui le rejette.

 

Pour ne pas sombrer dans la dépression et dans la perte de ses repères sociaux, il est essentiel de ne pas rester isolé. C’est l’un des objectifs que poursuit l’association. SNC propose un accompagnement à tout demandeur d'emploi qui en fait la demande (sans tenir compte de l’âge, des qualifications, du domaine d'activité ou de la durée de chômage) et qui a le droit de travailler. Cet accompagnement gratuit et personnalisé avec deux membres bénévoles de l’association, sans limite de durée, apporte ainsi une écoute et un soutien moral destinés à encourager et à valoriser. L’accompagnant – qui a reçu une formation – ne va pas imposer au chômeur son rythme et sa vision du travail, mais s’adapter à celui-ci.

 

Comment devenir accompagnateur ?

 

Toute personne disposant de l’intelligence du cœur, doublée d’une certaine expérience professionnelle devrait pouvoir accomplir cette mission de remise en selle d’une personne au chômage. Ces conditions n’excluent nullement les étudiants et les retraités, au demeurant plus disponibles. L’important se situe dans la composition du binôme (l’idéal, un homme et une femme) et la complémentarité des deux accompagnateurs encadrant l’accompagné. Un chômeur a souvent perdu l’estime de soi et les sentiments qu’il éprouve à son sujet sont généralement tellement négatifs qu’il faut parvenir à le resituer dans la société avec la volonté de lui donner l’envie et la joie d’en retrouver le chemin. Entre accompagnateurs et accompagnés doit exister un réel échange, et celui-ci se passe un peu partout. « On phosphore ensemble, on se réunit une fois par mois, on a des ateliers de recherche d’emploi, on fait des sorties culturelles, des promenades, on sort de tout ce qui est d’ordre protocolaire, on établit un climat de confiance ».

 

Les financements  pour créer des emplois solidaires :

 

Grâce aux dons, SNC crée et finance des emplois solidaires pour des personnes accompagnées, dans des associations partenaires. Il s'agit d'une part d'offrir un tremplin aux personnes vers l'emploi durable, de leur permettre de se repositionner sur le marché du travail, et de retrouver confiance en leurs compétences et d’autre part de soutenir le développement du secteur associatif et de l'économie solidaire. Ces emplois sont créés dans des associations ou organismes d'intérêt général dont les moyens financiers insuffisants justifient une subvention de la part de SNC. D'une durée moyenne d'un an, les emplois solidaires sont pris en charge dans la limite maximale du SMIC.

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Résultats en 2012 : 196 emplois ont été financés dans 119 associations pour des personnes accompagnées. 66% des personnes ont trouvé une issue positive (emploi ou formation) à la fin de leur emploi solidaire.

 

La SNC ne manque pas de partenaires pour continuer à progresser, notamment le CREDIT COOPERATIF, le CREPI, les fondations, et tous les réseaux locaux (services publics de l’emploi, centres sociaux, clubs d’entreprise et institutions traditionnelles).

 

EN CONCLUSION :

 

Notre dispositif français à propos de l’emploi reste tellement contre productif qu’il entretient le chômage. Quelles orientations nouvelles par rapport à la formation ? On ne va pas toujours citer l’Allemagne en exemple. Mais chez notre voisin, la formation étant prioritaire, l’entrée dans le marché du travail s’en trouve fortement simplifiée. S’il a été question – entre autres - au cours du débat qui a suivi du partage du temps du travail et du bénévolat, cette question a soulevé plus de polémiques que qu’adhésions. Un gâteau que l’on coupe en deux, puis en quatre, puis en huit ne donne pas de travail et il ne reste même plus de miettes à manger. Créer du travail, oui, partager en se dépouillant, non.

 

Solange Strimon